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Running, Sport

Compte rendu – Marathon de Paris 2016

10 avril 2016
Schneider Marathon de Paris

On m’avait prévenu avant la course : “tu verras à partir du semi”, “le plus dur commence vers le 25ème km ,”fait attention au mur du 30ème”, “pour moi un marathon c’est plus dur qu’un trail”, “à la fin tu ne sais plus où tu habites”….

Bref, j’avais de quoi être rassuré pour ma première participation sur cette distance. Après coup, je peux vous dire que je rejoins la plupart de ces avis : il faut le faire pour se rendre compte de l’effort physique que ça représente. Petit compte rendu de cette “balade” de 42km dans les rues de Paris 😉 ! 

Commençons par le commencement : la prépa. Quand je me suis inscrit avec mon frère et deux autres potes (poke xaaam et lephaaa) je me suis directement renseigné sur la meilleure prépa à adopter. On trouve vraiment beaucoup de programmes variés dont certains font flipper vu le nombre de kms qu’il faut courir par semaine. Finalement, je me suis tourné vers un programme sur 2 mois et demi avec 3 séances par semaine pour un objectif de 3H45 (ça correspondait plutôt bien à mes temps sur 10km et semi (même si j’avais jamais couru de semi avant :D).

Pour ceux qui galèrent à trouver des plans d’entraînements, je conseille le site de kalenji qui regroupe beaucoup de programmes en fonction des distances et des objectifs. La possibilité d’interaction avec les coachs est aussi hyper intéressante notamment lorsque l’on est débutant.

Durant le début de la prépa tout se passe bien, je suis super motivé et les séances (même celles de fractionné) se font sans douleurs. En mars, je cours (sans me cramer) le semi de Paris en 1h38 et je me sens plutôt confiant pour la suite.

Fitbit semi de Paris

Mais en 8ème semaine de prépa, ça se complique. J’ai une douleur au talon qui apparaît lors de ma dernière sortie longue.

Marathon de Paris

la séance de la blessure

Ça me met un petit coup d’arrêt et je ralentis la cadence pour les deux dernières semaines. Quand je retente de courir, ça me fait encore mal et je commence sérieusement à me poser des questions. Un truc que je n’ai pas anticipé : le nombre de kms de mes chaussures (elles ont plus de 700 kms et il est fort probable que les douleurs viennent de ça). Problème, il est fortement déconseillé de changer de chaussures à une semaine du marathon (histoire d’adaptation du pied à la nouvelle chaussure) et je me vois mal courir 42 kms avec une douleur comme ça… Pour couper la poire en deux, je décide finalement de racheter le même modèle que j’avais (Nike flyknit lunar 3). À J-5 de la course, le test est concluant. La douleur n’est pas réapparue lors de ma séance (OUF) !

Je décide de me reposer jusqu’à la course et je me dis qu’avoir couru 3 fois lors des deux dernières semaines va peut être me causer préjudice dimanche… mais bon c’est trop tard !

Je me gave de féculents et je prépare mes affaires pour être au top lors du réveil à 6h00.

Marathon de Paris

Petit point bouffe : la semaine précédant le marathon, je me rends compte que je n’ai pas testé les gels style “overstims” à l’entraînement (j’ai toujours eu du mal à manger pendant une course). Je vous conseille de ne pas faire la même erreur que moi afin d’éviter les mauvaises surprises le jour de la course.

JOUR J

Reveil – douche – petit déj et hop direction les champs-elysées pour le départ de cette 40ème édition du Schneider Electric Marathon de Paris. Jérémy, qui s’est malheureusement blessé durant la prépa, m’accompagne sur la ligne et me motive avant d’aller se placer au 4ème km avec notre pote Max (blessé également :/).

Marathon de Paris

Mec stressé

Je m’installe dans le sas sous un grand soleil et la pression commence à monter. Je retrouve Marc et son maillot de l’edf (aka @Comptoir_M) avec qui on discute histoire de faire redescendre la pression. On se questionne un peu sur la chaleur, ils annoncent 20°C avec un taux d’humidité élevé… Dernière petite gorgée d’eau et bam c’est parti !

1KM-10KM

Sur les dix premiers kilomètres, je suis en forme. Je maintiens mon allure à 4,55min/km et je croise Jérémy et Max qui donnent déjà de la voix. Je suis encore dans l’excitation du départ et je profite à fond. Aux ravitos 5 et 10, je décide de prendre de l’eau et rien de solide. Point météo : il fait de plus en plus chaud et ça devient difficile à supporter lors des longs passages au soleil. Cette première partie de course est roulante avec pas mal d’animations au bord de la route, ça fait plaisir !

Je passe le 10ème km en 49min et 22s.

Marathon de Paris 2016

11KM-21KM

On arrive dans le bois de Vincennes pour un petit flash-back du semi mais à l’envers ! Au 15ème km, je reprends ma bouteille d’eau que je garde en main sur 2,3 kms car il fait vraiment hyper chaud. Je commence à ressentir l’augmentation de la température et je me demande si je vais tenir comme ça encore longtemps.

Au 17ème km, sur l’avenue de gravelle, ma douleur au talon se réveille. Je serre les dents et j’essaye de penser à autre chose. Étonnement, je réussis à maintenir mon allure malgré cette gêne. Je commence à boiter et je me dis que ça va être mal embarqué pour réaliser mon objectif. Par chance, j’arrive à passer outre et la douleur s’envole au bout de 3 kms !

J’arrive vers l’avenue de daumesnil et j’aperçois le drapeau du semi. L’appli Nike + m’annonce un semi en 1H44 ! Je suis assez surpris car j’ai été très régulier (4,58min/km) sur toute la première partie du parcours. En restant sur les mêmes bases, je finirais en moins de 3H30… Je décide donc d’essayer de continuer même si je sais que ça va être compliqué de rester dans les mêmes temps.

Après le passage du 21ème km, je prends de la nourriture pour la première fois (un gel “coup de fouet”). Sur le coup, ça passe bien, mais 1 km plus tard je commence à avoir mal au ventre… Ça me confirme que j’ai beaucoup de mal à manger pendant une course…

🏃🏃🏃💦💦💦 #ParisMarathon

Une photo publiée par Marathon de Paris (@marathonparis) le

21KM-30KM

Du 21 au 25ème km, je commence à fatiguer. Peut-être par ce que j’ai peu mangé depuis le départ mais je n’ai pas trop envie de reprendre le risque du gel. Je continue à bien m’hydrater en jouant des coudes dans le ravito du 24ème km (au 25ème km je suis à 2H05 en 5,00min/km en moyenne).

Et là, vers les quais et le 26ème km, je galère. On commence à enchaîner les tunnels et ça me casse les jambes. Je suis mort et j’ai tout le temps soif malgré mon hydradation régulière. Le prochain ravito est au 29ème km et je sens que ça va être long… À chaque sortie de tunnel, le soleil tape fort et je profite de l’eau mis à disposition pour m’asperger la tête histoire de redescendre un peu en température. J’aperçois enfin le 29ème km et je prends deux bouteilles que je bois d’une traite. Je passe le 30ème km et le fameux “mur” en 2H32 soit une moyenne en baisse (5,05min/km). Je croise mon frère et Max qui me boost et je leur glisse que j’en peux plus.

30KM-40KM

Après le ravitaillement, vu mon état de fatigue, je retente quand même de manger un gel. Honnêtement, ça passe un peu mieux que le précédent, mais je ne ressens pas beaucoup de différence dans les kilomètres suivants. Je commence à avoir mal partout : le dos, les jambes, les pieds… Plusieurs fois j’ai envie de m’arrêter histoire de m’étirer un peu et de reposer mes jambes mais je tiens (même si je ralentis drastiquement mon allure). C’est là que je vois que les 10 derniers kms se  jouent au mental…. J’attends chaque ravito comme jamais. Bilan au 35ème km, je suis encore dans les temps pour réaliser mon objectif avec une allure moyenne à 5,12min/km et un temps de 3H01 mais c’est encore long….

A partir du 35ème km, je reprends une bouteille d’eau et une orange (j’innove) mais j’ai de plus en plus mal au dos. Il y a beaucoup de monde pour nous encourager mais la montée sur l’allée des fortifications a raison de moi. Je marche pendant 45s histoire de m’étirer un peu le dos. Une fois l’arrêt, la reprise est encore plus dure mais je me dis qu’il ne me reste “que” 7 km. Je me fixe comme objectif de ne pas marcher avant le prochain ravitaillement. Chaque km paraît de plus en plus long mais je m’accroche et j’arrive au 38ème sans m’arrêter. Une fois à la moitié du 38ème, je ressens encore un gros mal de dos. Je marche un petit peu pendant 30-40s.

Du 38ème au 40ème je suis un peu perdu. Je me dis que c’est bientôt fini mais je suis dans un état de fatigue qui fait que je ne pense plus trop à mon objectif. Néanmoins, je ne m’arrête plus et au 40ème km, malgré une baisse de mon allure (3H32 et 5,19min/km), je retrouve de la motivation.

40KM-42KM

L’arrivée approche et je suis à fond pour finir le plus vite possible. J’arrive au rond point de la porte dauphine où Jérémy et Max m’attendent pour me booster une dernière fois. J’aperçois au loin la ligne d’arrivée et j’ai le sourire, la sensation d’avoir accompli ce challenge fait oublier les galères des derniers kms ! Je passe la ligne en poussant un ouf de soulagement et je regarde mon appli : 3H45 et 5s !! Objectif rempli !!

Je prends ma médaille et mon t-shirt et je me pose vers les barrières le temps de manger deux trois trucs et de reprendre mes esprits. J’ai du mal à me relever mais je vais retrouver mon frère et Max pour partager un bon repas bien mérité !

Schneider Marathon de Paris

BILAN DE LA COURSE:

allure marathon

Jusqu’au semi tout allait bien mais la chaleur et le mur du 30ème km ne m’ont pas permis de maintenir cette allure tout au long du parcours. Je sais qu’avec un peu plus d’entraînement dans les dernières semaines et l’habitude de manger plus souvent je peux descendre sous les 3H30.

Le marathon est tellement exigeant qu’il y a toujours une grosse part d’incertitude (c’est ce qui fait d’ailleurs le charme du format).

Un gros big up à Jérémy et Max pour les encouragements et à tous ceux qui m’ont donné de précieux conseils les semaines avant la course. Grosse pensée aussi pour lephaaa qui termine son premier marathon cette année malgré une prépa en dent de scie !

Le soir de la course, vu mon état, je me disais que je ne ferais plus jamais un marathon de ma vie…

Mais dès le 7 avril j’ai craqué en prenant mon dossard pour l’année prochaine !

Marathon de Paris 2017

Rdv donc l’année prochaine et bravo aux 41000 finishers de cette année (on est marathoniens 😉 ) !

Julien

 

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