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Running, Sport

[Compte Rendu] Marathon de Paris 2017

10 avril 2017
compte rendu marathon de Paris

Tout d’abord, retour au 15 janvier quand débute la prépa. Je ne partais pas de zéro car je courais encore un peu et je faisais pas mal d’autres sports à coté. Bref, une semaine après le commencement, j’apprends que je dois me faire opérer… Plus de 2 semaines d’arrêt. Coup dur mais je reprends mon plan d’entraînement fin février et il me reste encore 1 mois et demi pour atteindre mon objectif…J’essaye de ne pas me mettre de pression et je programme entre 3 et 4 séances par semaine. Une fois les séances planifiées, j’enclenche le pilote automatique. Je me calque sur ma FCM (fréquence cardiaque maximum) et je bosse en pourcentage de celle-ci. J’enchaîne sorties longues, sorties récup, fractionnés..

Compte rendu marathon de Paris

Super soigné et bien écrit

Le 5 mars, je récupère un dossard au dernier moment pour le semi de Paris. Avec deux semaines d’entraînement dans les jambes, je décide de me tester. Je fais 1h39 sans me cramer et j’ai de bonnes sensations, cool !

semi-marathon de paris

La suite de la prépa se déroule bien et je décide de pendre une petite semaine au ski pour faire autre chose. À la fin, pour quelqu’un comme moi qui aime diversifier les sports, c’est usant de rentrer dans une routine “running”. Nous sommes maintenant à deux semaines du jour J et je commence à piocher physiquement. J’ai une grosse douleur derrière le genou droit et ça m’empêche de courir. Je stoppe alors la préparation plus tôt que prévue et je cours seulement 20km durant les deux dernières semaines.

Je relativise et je constate que les petits bobos font partie d’une prépa comme celle-ci (je ne compte plus les collègues dans le même cas que moi). L’année dernière, je n’avais pas pu le faire à cause d’une blessure et je ne veux vraiment ne pas me formaliser là-dessus. C’est très difficile d’accepter la douleur car ce n’est pas quelque chose de naturel mais croyez-moi c’est le mieux à faire.

3 jours avant le début, je fais une cure de malto pour recharger le réserves. La veille, je mange un bon plat de pâtes et je vais me coucher à 21h. Bon, comme vous l’imaginez, j’ai pas l’habitude de me coucher à cette heure-là, je dors 2h à tout casser.

Réveil à 4h30, je mange mon petit déj habituel de compet :

  • 2 verres de jus d’orange
  • 2 ou 3 tranches de dinde + pain
  • 2 grosses tartines de beurre + miel
  • 2 yaourts nature
  • 2 fruits ( 1 pomme + 1 banane)
  • 50cl d’eau sucrée

Oui je mange beaucoup 🙂 ! Faites suivant vos sensations mais c’est important de bien manger le matin d’une course.

Départ à 7h, Julien (qui a décidé de ne pas le faire cette année) m’accompagne sur la ligne de départ et le stress commence à monter. Les rues sont calmes, l’ambiance est reposante et on commence à ressentir la pression. Je rejoins le poto max sur les champs et on improvise un échauffement sommaire dans les rues avoisinantes. On galère un peu pour rentrer dans la sas 3h30 car il y a énormément de monde. On se motive mutuellement en se disant que ça va le faire (toujours être positif).

compte rendu marathon de Paris

30 secondes avant le départ je me mets vraiment dans l’optique de PROFITER de ma course. Ça peut paraître bateau mais c’est super important pour moi. Je fais du sport en compétition depuis tout petit (des courses depuis 4 ans maintenant) et j’ai été habitué à avoir un état d’esprit de compétiteur. Pour mon premier marathon ce n’est clairement pas l’état d’esprit que je veux avoir, on se bat contre nous même et je veux juste apprécier ma course.

Petit aparté, mais je pense qu’il faut envisager le running “amateur” pour le côté entraide et dépassement de soi. Le plus important c’est de courir pour soi, j’ai comme l’impression parfois que le microcosme du running s’enflamme sur la comparaison de performances. On est pas là pour se battre contre la terre entière, faites l’amour pas la guerre.

Et ça y est, c’est parti !

1-10 Km

J’appréhendais un peu le fait de devoir zigzaguer entre la masse de coureurs après mon expérience au semi de Paris mais la première partie du parcours est super roulante. Vers l’hôtel de ville, je croise mon “crew” et ça fait plaisir. Je suis vraiment dans un bon mood et en forme. À partir du 5 ème km ma douleur au genou se réveille et je me dit qu’il en reste encore 37 (YOLO). Parfois, j’accélère sans m’en rendre compte mais je me force à ralentir pour conserver une allure moyenne de 5:00 m au kilomètre (ce qui correspondait à mon endurance fondamentale en entraînement). Je franchis les 10 premiers kilomètres en 00:50:23.

Point ravito : j’ai décidé avant la course de m’arrêter à chaque ravitaillement pour boire (comme d’hab c’est la guerre pour avoir une bouteille)

compte rendu marathon de Paris

10-21km

On entre dans la partie du parcours que je n’aime pas trop. Ne me demandez pas pourquoi mais, déjà, lors du semi, j’avais trouvé ça super long (foutue avenue de gravelle). J’avais décidé de prendre une petite banane “à l’ancienne” en vue de stocker mes gels et mes pâtes de fruits pour éviter la galère des ravitos. Au bout d’une heure, j’avale ma première petite collation. Ça me rebooste et niveau cardio je suis super bien. Bon, la douleur au genou est de plus en plus insistance, mais j’essaye de ne pas trop y accorder d’importance. Habituellement, je suis super sensible à la chaleur mais bizarrement, alors que le soleil commence à taper, je ne la ressens pas trop (la casquette, c’est la vie).

J’aperçois le panneau du 21,1 km et ma garmin m’indique 01:46:08 ! J’ai réussi à maintenir mon allure en résistant à la tentation d’accélérer.

21-30km

Mais vu que je suis paradoxal (un peu fou peut-être) je décide d’accélérer légèrement. On arrive sur les quais et c’est là que je prends la mesure du parcours. On a quand même la chance d’avoir les rues parisiennes pour nous ! Je m’égare quelques instants dans mes pensées et je repense aux souvenirs que j’ai à chaque monuments/lieux (instant nostalgie). Je suis vite rattrapé par l’entrée dans le tunnel où j’ai l’impression de devenir aveugle. Niveau douleur, étonnamment, à partir du 25 ème km, je ne ressens plus la gêne au genou (YES).
J’appréhendais cette partie du parcours mais c’est limite où je me suis senti le mieux. J’avale une autre pâte de fruits et je cours avec une petite bouteille d’eau pour m’hydrater tous les kilomètres.

Je passe le 30 ème km en 02:30:31 (je commence à avoir les jambes lourdes).

30-40km

Je me répète dans ma tête que s’est déjà passé super vite et qu’il faut que je profite à fond des derniers instants. C’est un peu bizarre de raisonner comme ça après 2h30 d’effort mais ça me boost beaucoup. Du coup, j’arrive à maintenir mon allure de 5:00 m/km. J’avais fait une sortie longue de reconnaissance sur la fin du parcours et je sais que j’arrive bientôt au boulevard suchet… À peine le temps de finir mon dernier gel et j’y suis déjà. Pour résumer : ça monte sec en plein soleil pendant 1 km. Ça me casse bien les jambes et je commence à ralentir légèrement quand je rentre dans le bois de boulogne. Et là, on arrive au moment que je préfère dans une course ou n’importe quelle compét : le fait de devoir sortir de sa zone de confort et tenir au mental. C’est vraiment ce qui me plaît dans le sport et pourquoi j’en pratique depuis des années. Au-delà du challenge physique, je regarde tous ces gens de différents horizons courir à coté de moi, qui puisent dans leurs réserves et je trouve ça juste beau. Je ne voulais pas que des potes ou mon frère viennent courir sur la fin du parcours avec moi car je désirais vraiment voir où pouvait m’emmener mon mental.

Au ravito du 35 ème km, je prends deux bouteilles et je bois tous les 500 m. Je me répète que je ne marcherais pas car je sais que j’aurais du mal à redémarrer (dieu sait que c’est tentant dans ces moments-là). 36, 37, 38.. Je ralentis un peu et je tourne à 5:10 m/km de moyenne mais je tiens. Au 39 ème km, devant la fondation Louis Vuitton, je suis vraiment en mode “automatique”. J’ai les jambes ultraaaaa lourdes et je cours mon kilomètre le plus long (5:21). Arrivé au 40 ème km, je me dis que c’est fait et je prends le temps de savourer en repensant à plein de petits trucs ! Au rond point à Porte dauphine, j’aperçois une dernière fois mon frère et mon cousin qui m’encourage à fond et je vois la grande arche verte de l’arrivée. Je la franchis en 03:33:56 ! Il me faut quelques instants pour retrouver mes esprits et je marche déjà comme un canard  😆 . Je me pose sur un petit banc et je prends le temps d’apprécier ce que je viens de vivre.

compte rendu marathon de Paris

compte rendu marathon de Paris

Pour mon premier marathon, j’ai atteint mon objectif de temps en étant régulier et en gérant ma course mais, encore plus important pour moi, j’ai vraiment pris le temps d’en PROFITER.

Félicitations à tous, quelque soit vos chronos, vos douleurs, vos histoires, vous pouvez être super fiers de vous (c’est une phrase de bisounours mais elle fait du bien).

Et si vous hésitez encore, lancez-vous ! Je vous assure, tout le monde peut le faire. Le marathon ce n’est pas réservé à une élite ou à des personnes surentraînées. Avec un peu d’entraînement et un mental d’acier, vous y arriverez sans problème, n’en doutez pas.

Maintenant, je vais faire une petite pause avec le running pour reprendre la piscine, le vélo et la muscu (Alléluia). La saison des triathlons ne fait que commencer 🙂 .

Jérémy

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