Interview

Kevin Rolland : “Made in La Plagne”

22 octobre 2015
Kevin Rolland

Aujourd’hui, on fait parler nos cœurs de skieurs en vous proposant une interview d’un rider que l’on suit depuis de nombreuses années : Kevin Rolland.

Spécialiste du halfpipe (pour ceux qui ne connaissent pas, voilà à quoi cela ressemble), ce pur savoyard lorgne désormais sur l’or olympique. Personnage central pour la démocratisation du ski freestyle en France, il partage une vision et des valeurs sportives qui nous sont chères. Entretien avec un des mecs les plus cool du circuit. 

Salut Kévin, pour ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter brièvement ?

Salut à tous ! J’ai 26 ans et je suis originaire de La Plagne (73). Je fais maintenant du ski freestyle depuis l’âge de 12 ans.

À quel moment tu t’es rendu compte que tu pouvais devenir un skieur pro freestyle ?

Depuis tout petit, j’ai toujours rêvé de devenir skieur pro. Ça s’est fait plutôt naturellement, j’étais à fond dans mon ski et je me posais pas vraiment la question de savoir si j’allais passer pro. À partir de 16 ans, j’ai commencé à avoir mes premiers sponsors et résultats en compétition. Du coup, je me suis dit que je pouvais en vivre et que j’allais en faire mon métier. En fait, j’aimais tellement ce que je faisais que je me suis pas vraiment donné d’autres options !

Qui a été le plus important dans ta réussite ?

La personne qui a été la plus importante dans ma réussite, c’est sans aucun doute mon coach Greg Guenet (ancien membre de l’équipe de France de saut acrobatique). Greg je le connais depuis mes 12 ans, c’était l’entraîneur du club de La Plagne, il m’a vu littéralement grandir (rires) ! En quinze ans sous son aile, il m’a appris toute la technique et les bases de mon style. C’est en grande partie grâce à lui si je suis là aujourd’hui.

Kevin Rolland Greg Guenet

Crédits Photo : Louis Garnier

En 2010 tu remportes ta première médaille d’or à Aspen aux X-Games (les jeux olympiques des sports extrêmes) puis tu fais le doublé à Tignes pour les European X-Games. J’imagine que ta popularité a changé aux US à partir de là…

Ça a été un gros déclic dans ma progression, gagner les X-Games c’est un truc énorme dans une carrière ! Les X-Games c’est l’événement à ne pas rater dans notre sport, tous les meilleurs riders sont présents et c’est là où tu obtiens le respect de la profession. À 20 ans, je me suis retrouvé propulsé sur le devant de la scène aux U.S mais aussi en France. Je suis passé du statut de jeune prometteur à celui de gagnant des X-Games, forcément ton image change.

Le freestyle et le halfpipe commencent à être de plus en plus médiatisés auprès du grand public en France. Explique nous comment tu as contribué au développement de la discipline avec le freeski project ?

Pour expliquer un peu le concept, le freeski project, c’est un team de skieurs freestyle créé en 2007 suite au manque voire à l’absence d’aides, de structure fédérale, de sites d’entraînement et de compétitions majeures en France. L’objectif, c’est de mutualiser les moyens de chacun des membres du team pour aller le plus loin possible. Grâce à mes résultats, j’ai eu accès à des médias plus généralistes qui ne parlaient jamais de ski freestyle avant. Dès que j’en avais l’occasion, j’essayais de retranscrire ma passion pour mon sport. En ce moment, j’ai une émission (le KR show sur MCS Extrême) dont l’objectif est de faire connaître le sport au plus grand nombre et de parler de ma vision du ski. Depuis 2014, on a en plus une nouvelle arme médiatique avec les jeux olympiques.

Kevin Rolland

Crédits Photo : Louis Garnier

Comme tu l’évoques, le halfpipe a été discipline olympique seulement depuis Sotchi en 2014. As-tu effectué une préparation spéciale pour ces jeux olympiques (mentale ou physique) ? Est-ce que l’on ressent une différence avec des grosses compétitions comme les X-Games ?

Honnêtement le niveau aux J.O. est moins élevé qu’aux X-Games car il y a moins d’athlètes ! La différence est surtout mentale, car aux J.O. tu sais que tu n’as que 30 secondes tous les 4 ans pour gagner une médaille, Il faut avoir les nerfs solides ! Aux X-Games, vu que c’est chaque année, tu ressens moins cette pression là.

Au niveau de ma préparation, le mental c’est un de mes points forts. Avant les J.O., je suis allé voir des grands champions comme Carl Lewis, Renaud Lavillenie, Boris Diaw… Ils m’ont donné de précieux conseils sur la gestion du mental pour une épreuve olympique et ça m’a fait du bien d’en parler avec eux. Pour le physique, je n’ai pas changé mes habitudes de préparation.

Au niveau des résultats, ça s’est plutôt pas mal passé avec ma 3 ème place et ma médaille de bronze !

Tu repars pour un tour en 2018 du coup ?

À fond (rires) ! Objectif médaille d’or  😉

Kevin Rolland Bronze

Crédits Photo : Gepa Pictures / Icon Sport

Tu as été nommé ambassadeur des premiers jeux olympiques de la jeunesse en 2012. Est-ce que tu as conscience, comme Candide Thovex à l’époque, d’être une source d’inspiration pour les jeunes ?

Je ne fais pas les choses pour être une source d’inspiration mais si je réussis à inspirer les autres c’est un honneur. Si je peux donner envie aux jeunes de faire du ski freestyle, j’aurais tout gagné.

Quel est désormais ton rêve sportif ?

Il me reste une compétition que je n’ai pas gagnée, c’est les jeux olympiques. On va pas se le cacher, la médaille d’or ça fait envie ! Après, j’aimerais bien aussi regagner les X-Games car c’est à chaque fois une immense satisfaction. En dehors des compétitions, il y a aussi un truc qui me tient particulièrement à cœur.

Je veux montrer une autre facette de mon ski et que je ne suis pas seulement un skieur de halfpipe. Pour cela, j’aimerais me tourner de plus en plus vers des projets artistiques et vidéos. J’ai commencé à le faire avec Fast Forward, en collaboration avec Julien Régnier, qui va sortir le 25 novembre.

En tant qu’athlète pro tu voyages beaucoup, ce n’est pas trop dur de concilier entraînement, vie professionnelle et vie personnelle ?

Je dois avouer que c’est pas évident, je voyage beaucoup et je n’ai pas énormément de temps pour aller voir ma famille… Il faut être organisé et malheureusement je ne le suis pas (rires) ! Mais au final, la vie reste très belle !

Kevin Rolland

Crédits Photo : Louis Garnier

Suis-tu une diététique particulière pour ta préparation ?

Je devrais mais je ne suis pas un bon élève ! Après, en hiver, j’essaye de faire plus attention dans les périodes où je dois être au top de ma forme. Pas trop de fast-food, bien m’hydrater,… mais je ne suis pas un régime particulier.

Pour finir :

  • Ton plat préféré : Des Sushis
  • Ton héros : Spiderman (rires)
  • Ton sportif préféré : Usain Bolt
  • Où aimerais tu vivre : Aux Bahamas
  • Ta devise : “Si tu veux être le meilleur du monde, entraîne-toi comme le meilleur du monde”
  • Ta plus grande qualité : Je suis sympa
  • Ton plus grand défaut : Je suis bordélique
  • Ton prochain défi : Gagner les J.O
  • Ton matos (ski, casque, chaussures,…) : Pour les skis c’est Völkl, mon casque c’est un Giro et chaussures Dalbello !
Kevin Rolland

Crédits Photo : Louis Garnier

 

Vous pouvez retrouver Kévin sur sa page Facebook ou encore sur son Instagram.

Crédits Photo : Louis Garnier

 

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