Sport, Vélo

[COMPTE-RENDU] Etape du Tour 2018 Annecy – Le Grand Bornand

13 juillet 2018
compte rendu l'étape du tour 2018

Après plusieurs mois de préparation, il était enfin temps de découvrir l’étape du Tour de France qui me faisait saliver depuis bien longtemps ! 

L’histoire et la prépa

Pour ceux qui l’ignorent, l’étape du tour est une cyclosportive qui permet de vivre le temps d’une journée les mêmes conditions que les cyclistes pros du Tour de France. Chaque année, l’organisation propose une étape de montagne que les coureurs réaliseront une semaine après notre passage.

Au programme de cette “petite” journée, 169 km entre Annecy et Le Grand Bornand avec 4067 m de dénivelé positif. Selon l’aveu du directeur de la course, c’est une des étapes les plus difficiles depuis la création de l’épreuve (pas très rassurant tout ça).

Compte rendu l'étape du tourPour m’attaquer à une distance et un profil aussi exigeant, j’ai roulé environ 3000 km depuis le mois de Janvier en essayant de toujours trouver du dénivelé. Objectivement, ce n’est pas un énorme volume pour aborder sereinement l’étape. J’ai également pu reconnaitre le parcours en deux sorties lors du mois de juin, ce qui m’a vraiment bien aidé durant la course. Passons maintenant aux choses sérieuses !

La course

15000 inscrits qui sont répartis dans 15 sas, ça en fait des cyclistes dans les rues d’Annecy à 6h du matin ! Ayant eu la chance de bénéficier d’un départ dans le sas 0, je me présente à l’entrée vers 5h50 du matin (je précise que je me suis levé à 3h30 du mat). J’ai pas tellement envie de me frotter à Franck Schleck ou aux semi pros (je veux pas leur faire peur bien sûr), du coup, je me faufile à l’arrière en attendant sagement mon tour.

La musique d’AC/DC résonne et c’est le départ !

compte rendu l'étape du tour 2018

compte rendu l'étape du tour 2018

Secteur 1 : Annecy – Pied du Col de la Croix Fry 40 km

La première partie du parcours nous fait contourner le lac. C’est absolument magnifique. La route est reservée rien que pour nous, il ne fait pas encore trop chaud et le soleil se lève tranquillement. J’en oublie presque que je suis venu ici pour souffrir un peu.

Premier constat, ça roule (très) fort. Nous sommes à 40 km/h de moyenne pendant les 25 premiers kilomètres. Je me cale tranquillement dans les roues d’un groupe et ça avance tout seul. Arrive alors la première petite côte de Taloires ! 1,5km à 6% pour s’échauffer. Juste le temps de prendre un petit replat et on enchaîne par le Col de Bluffy qui est lui long de 2,6km (7% de moyenne).

Comme vous pouvez l’imaginer, cela se passe sans encombre. J’aperçois le pied du premier gros morceau de l’édition : Le Col de la Croix Fry. J’en profite pour faire un arrêt technique avant la montée car j’ai beaucoup bu et je ne veux pas m’arrêter en pleine ascension.

À ce stade :  43 km – 1h30

Col de la Croix Fry – Pied du Plateau des Glières 75 km

Le Col de la Croix Fry est un des cols les plus “accessibles” de l’étape. Les pourcentages à la fin sont néanmoins importants et il est long (13 km à 7% de moyenne). Bonnes sensations dès les premières rampes, je pense bien à boire régulièrement car il commence déjà à faire chaud. Autre petite précision, je me force à manger tous les 20km pour ne pas manquer d’énergie dans les moments durs. J’ai l’impression que je monte à une bonne vitesse et après 54 min j’aperçois le sommet et le premier ravito (je fais 4 minutes de mieux que sur ma reco du col 3 semaines avant). Je décide de ne pas m’arrêter car j’ai encore des réserves en nourriture mais j’ai un doute sur ma quantité d’eau.

compte rendu l'étape du tour 2018

Après réflexion pendant la longue descente, je m’arrête pour la première fois à La Clusaz pour remplir mes deux bidons (sage décision). Je repars aussitôt direction le Plateau des Glières. Je trouve un groupe qui roule bien et je décide de les suivre. Je ne regarde pas trop ma montre et je vois qu’on a roulé à 44 km/h de moyenne pour arriver au pied du col.

75 km – 2h52

Plateau des Glières – Pied du Col de Romme 135 km

Je suis bien content de pouvoir enfin regrimper (pas un grand fan des descentes) et je vais être servi avec l’ovni de l’édition 2018 : Le Plateau des Glières  😮
Au niveau du profil, c’est 8 km à 11% de moyenne avec des rampes à 20%… Vous l’avez compris, les cuisses vont en prendre un coup.

Lors de mon repérage, j’avais été surpris par la taille des routes et je m’étais dit que ça allait être compliqué de se présenter en groupe dans un si petit espace. Heureusement, dès les premiers lacets, ça roule assez bien. Bon, ben pas de surprises, c’est toujours aussi dur comme col. Il commence à faire super chaud et on a l’impression de faire du surplace. Je vide mes bidons à une vitesse indécente. Je vois déjà quelques personnes qui posent le pied à terre. Au bout de 6 km, un petit replat d’environ 300m et le dernier kilomètre à 16-17% parait super long. Il y a pas mal de spectateurs au bord de la route et ça fait vraiment du bien.

compte rendu l'étape du tour 2018
Arrivé au sommet, il reste encore 2 km de gravier (innovation pour cette année). J’appréhendais un peu cette partie car pendant ma reco c’était clairement impraticable et les risques de crevaisons étaient élevés. Agréable surprise en ce dimanche 8 juillet, tout a été nettoyé… C’est quand même dommage pour le passage des pros car cette partie n’aura pas un grand intérêt. Au chrono, je réalise l’ascension en 43 min (5 min de mieux que lors de ma reco).

compte rendu l'étape du tour 2018

Je m’arrête pour la deuxième fois au ravito et mes bidons me remercient. J’en profite pour manger tranquillement et souffler 5 minutes avant d’aborder la descente direction Filière. Je suis plutôt bien niveau physique et je suis concentré sur la suite du parcours.

compte rendu l'étape du tour 2018
Arrivé au 96 ème km, nous attaquons le Col de Fleuries. Pour vous expliquer, il n’est pas répertorié comme un col dans le profil de l’étape mais c’est quand même 5 km à 6% de moyenne. Et là, gros coup de moins bien alors que ce n’est pas un col “difficile”. Je ne trouve pas mon rythme, beaucoup de vent de face, j’ai l’impression que je me fatigue et que je n’avance pas. Je me force à prendre du sucre pour me rebooster mais ça ne change pas grand chose. Je serre les dents jusqu’au sommet qui me paraît interminable.

Du 110 ème km au 135 ème km j’aborde la partie du parcours que je déteste le plus. C’est une grande ligne droite de faux plat montant exposé avec un vent de face… Lors de la reco, je m’étais dit qu’il fallait absolument que je trouve un groupe pour conserver de l’énergie et, bien sûr, je me retrouve seul à ce moment-là. Je n’arrive pas à prendre la roue des groupes qui me doublent et je commence à ressentir la fatigue générale. À un moment donné, j’arrive à trouver un coureur et je me cale tranquillement derrière lui. Bon, il est pas fou et s’aperçoit que je ne prends aucun relai (pas bien) et commence à ralentir pour que je passe devant. Commence alors le jeu de celui qui craquera en premier  😆
Et là, miracle, un groupe de 6 personnes débarquent ! Sans hésitation je m’embarque avec eux et on fait les 10 derniers kilomètres jusqu’au pied du Col de Romme.

Là, ravitaillement obligatoire car je n’ai plus rien en nourriture ou eau. Je m’arrête entre 5 et 10 minutes et je savoure mon coca et mon TUC (les plaisirs simples de la vie).

Point chrono : 135km – 5h42

Col de Romme – Col de la Colombière – Le Grand Bornand 170 km

Quelques instants j’avais oublié qu’il me restait encore deux cols. Je repars et attaque alors le col qui m’avait fait le plus mal lors de ma reconnaissance du parcours : Le Col de Romme (9km à 9% de moyenne..). Les pourcentages commencent directement très fort : 10% – 11% – 9% – 10%… et là je suis vraiment dans le mal. Mon cardio est haut et je me répète que je ne dois pas m’arrêter. Au bout du 4 ème km, un autre coureur commence à me parler et m’explique qu’il a déjà fait 10 fois l’épreuve et qu’il trouve que le col est assez hard. On discute pendant une quinzaine de minutes de tout et de rien et ça permet de me concentrer sur autre chose.

compte rendu l'étape du tour 2018

Je transpire comme jamais avec les 32 degrés et pas une ombre à l’horizon. Je subis les 3 derniers kilomètres avec des rampes à 9 et 10%. Arrivé en haut, je suis tellement soulagé mais pas vraiment frais. Pour preuve, l’ascension est réalisée en 1h10 alors que j’avais fait la reco en 52min… Je m’arrête alors à une fontaine repérée 3 semaines avant pour prendre de l’eau fraîche et ma pâte de fruits.

compte rendu l'étape du tour 2018
Je repars au bout de 5 minutes et j’ai mal de partout (surtout au dos) mais bon je me dis qu’il ne reste “que” 25 kilomètres. La descente vers le reposoir est très rapide et je décide de m’arrêter une dernière fois au ravito juste avant la dernière ascension. Bidons pleins, je m’élance pour l’ultime difficulté : Le Col de la Colombière (8 km à 8,5%).

Étonnamment, je retrouve des jambes dès les premières rampes et je rattrape pas mal de monde. Je me fixe des objectifs à atteindre tous les kilomètres pour m’aider à maintenir une bonne allure et ne pas trop calculer la distance restante. Arrivé au 5 ème kilomètre, c’est la partie la plus “chiante”. Nous avons la vision sur le chalet situé au sommet durant toute la dernière partie de l’ascension. Mais, la faute à la pyramide (9-10-11% pour les 3 derniers kilomètres), j’ai l’impression de ne jamais l’atteindre. À cet instant, le corps ne répond plus tellement et c’est surtout le mental qui fait la différence. Je sais qu’une fois en haut il ne restera que 9 km de descente jusqu’à l’arrivée. La foule sur le côté nous booste une dernière fois et ça y’est ! Nous basculons enfin sur Le Grand Bornand  😎

compte rendu l'étape du tour 2018
Les paysages sont juste splendides et je profite de la descente pour admirer ces montagnes que j’aime tant (l’instant poésie de l’article). 165, 166, 168, les kilomètres défilent super rapidement et je vois l’arche d’arrivée avec énormément de monde. On se croirait vraiment à une arrivée du tour (Chris Froome attention j’arrive). Je cherche ma famille et je les aperçois juste avant de franchir l’arche !

Chrono final : 170km – 8h12

compte rendu l'étape du tour 2018

C’est sans doute l’une des épreuves les plus difficiles que j’ai fait dans ma (jeune) carrière sportive mais c’est aussi une de mes meilleures expériences. Pouvoir rouler dans sa région, profiter de panoramas magnifiques et partager ce moment avec sa famille. Je suis également assez content de mon chrono et de ne jamais m’être arrêté dans les cols. Merci à tous pour vos messages et vos encouragements. Un énorme merci à Rapha pour leur confiance et le magnifique maillot savoyard <3. Merci à Time pour mon petit Fluidity qui m’accompagne sur toutes mes sorties.  Pour tous les passionnés de vélo, je vous invite à vous inscrire l’année prochaine pour découvrir l’ambiance d’une cyclosportive partagée par 15000 personnes. En tout les cas, je réserve déjà ma place.

compte rendu l'étape du tour
Jérémy

 

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